Pierre Loti et Bretenoux


Pierre Loti vient passer ses vacances d’été à Bretenoux trois années de suite, en 1861, 1862 et 1863. Il revient une dernière fois en 1879, nous gratifiant au passage de quelques dessins du Bretenoux de l’époque.

Dessin de Bretenoux réalisé par Pierre Loti en 1879

Dessin de Bretenoux réalisé par Pierre Loti en 1879

En 1861, Pierre Loti a 11 ans. Que ce soit la maison de son oncle, les campagnes alentours ou le château de Castelnau, tout lui fait forte impression. Il le raconte plus tard dans ses livres Le roman d’un enfant et Prime jeunesse.

De la maison, il se rappelle son escalier “très large comme un escalier de château, avec une curieuse rampe en fer forgé”, et de son “grenier immense, aux lucarnes toujours fermées, constamment obscur”, où il avait “pris l’habitude d’y monter clandestinement, avec [s]on Télémaque, après le dîner de midi, sûr qu’on ne viendrait pas l’y chercher”. Il se rappelle encore la cuisine, “garnie suivant la mode ancienne d’un arsenal d’ustensiles en cuivre rouge, séries de poêles et de chaudrons, accrochés aux murailles par ordre de grandeur, et brillant comme des pièces d’armure”, et du “vestibule dallé de pierres et orné d’une grande fontaine guillochée, en cuivre rouge : c’était le lieu le plus frais, au moment de la lourde chaleur du jour.”

Le large escalier aux pierres roses

Le large escalier aux pierres roses et sa rampe en fer forgé

Des campagnes alentour, il se rappelle des “remparts gothiques, et la délicieuse rivière”, le jardin de son oncle “où, depuis l’an passé, les plus improbables papillons avaient pu élire domicile”, ainsi que “les vignes et les bois alentours, et tous les sentiers de montagne”.

“Où courir d’abord, et comment se lasser d’un tel pays !”

Quant au château de Castelnau…

“Castelnau ! c’est un nom ancien qui évoque pour moi des images de soleil, de lumière pure sur des hauteurs, de calme mélancolique dans des ruines, de recueillement devant des splendeurs mortes ensevelies depuis des siècles.”

L’endroit lui plaît tellement qu’il songe à l’acheter en 1879 : “acheter le château de Castelnau vendu pour un prix dérisoire et habiter là-haut dans la tourelle, la chambre au plafond semé de marguerites d’or…”

C’est aussi à Bretenoux que Pierre Loti prend la décision de s’engager dans la marine : “Là dans un grand calme de solitude, dans un grand silence d’été rempli de musiques de mouches, j’écrivis et signai timidement mon pacte avec la marine.”, et c’est là où sa soeur Marie se fiance : “Ma soeur et le grand cousin, je remarquai, en rôdant alentour, qu’ils se parlaient cette fois très bas et d’un air sérieux… et tout à coup je les vis se tendre la main avec une gravité étrange ; alors il me sembla bien que quelque chose venait de se passer…”

Si vous êtes féru·e de Pierre Loti, n’hésitez pas à nous demander sur place le guide de la “balade Orlindine”, un parcours champêtre qui revient sur les lieux fréquentés par Pierre Loti à Bretenoux et aux alentours. Ce guide a été élaboré par l’association Arcade de Bretenoux.

Pierre Loti, à 13 ou 14 ans

Pierre Loti, à 13 ou 14 ans